La boîte à chapeau vintage : d'écrin de chapelier à pièce de déco

La boîte à chapeau vintage : d'écrin de chapelier à pièce de déco

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Il y a des objets qui racontent leur époque rien que par leur forme. La boîte à chapeau en fait partie, ronde, empilable, souvent joliment imprimée du nom d'un chapelier disparu depuis longtemps. Née au XIXe siècle dans les grandes villes de mode, elle a accompagné les chapeaux hauts-de-forme, les capelines et les gibus de générations entières. Aujourd'hui posée sur une coiffeuse ou empilée dans un couloir, elle continue d'apporter cette touche de nostalgie douce et féminine qu'on lui connaît. Retour sur l'histoire d'un contenant devenu objet de désir.

Le XIXe siècle : l'âge d'or du chapeau et de sa boîte

Quand le chapeau était obligatoire

Photographie XIXème siècle montrant des homme et des femmes élégants avec chapeaux lors d'une promenade
Au XIXe siècle, sortir sans chapeau était impensable — pour les hommes comme pour les femmes

Difficile d'imaginer aujourd'hui l'importance sociale du chapeau au XIXe siècle. Sortir sans chapeau était impensable — quelle que soit la condition sociale. Le chapeau signale le rang, affirme le statut, accompagne chaque moment de la vie. Et qui dit chapeau précieux dit contenant adapté pour le protéger, le transporter, le conserver.

Les grands magasins et la démocratisation du luxe

Intérieur d'un grand magasin parisien fin XIXème, rayon chapellerie
Les grands magasins parisiens — Le Bon Marché et ses contemporains démocratisent le chapeau de qualité

L'apparition des grands magasins à Paris à partir des années 1850 démocratise progressivement l'accès aux chapeaux de qualité. Les chapeliers se multiplient et font de leur boîte un véritable outil publicitaire — imprimée à leur nom et adresse, elle devient une publicité ambulante dans toute la ville.

Deux types de boîtes, deux usages bien distincts

La boîte de conservation : ronde, à couvercle indépendant

C'est le modèle le plus répandu. Ronde, souvent recouverte de papier imprimé ou de tissu, dotée d'un couvercle indépendant parfois maintenu par des nœuds ou des sangles. C'est dans ce type de boîte que les chapeliers glissaient le chapeau acheté, bien calé dans du papier de soie — personnalisée à leur nom, elle transformait chaque achat en publicité ambulante. Certains modèles intègrent même un compartiment pour la brosse à chapeau et les accessoires d'entretien.

La boîte de transport : munie d'une poignée, comme une valise

La boîte de transport — poignée, fermoirs, charnières : une valise dédiée au chapeau
La boîte de transport — poignée, fermoirs, charnières : une valise dédiée au chapeau

Avec l'essor du chemin de fer à partir des années 1840, on voyage plus souvent et plus loin. Ce second modèle est pensé pour le voyage : couvercle à charnières, fermoirs solides, et surtout une poignée — comme une valise. La forme peut rester ronde, mais on trouve aussi des modèles rectangulaires ou ovales, plus faciles à loger dans un compartiment de train.

Les chapeaux et leurs boîtes : quelques modèles emblématiques

Le haut-de-forme et sa boîte cylindrique

La boîte à haut-de-forme — haute, cylindrique, imposante, souvent marquée d'inscriptions dorées
La boîte à haut-de-forme — haute, cylindrique, imposante, souvent marquée d'inscriptions dorées

Le chapeau haut-de-forme impose sa boîte : haute, cylindrique, imposante. Ces boîtes sont aujourd'hui parmi les plus recherchées des collectionneurs, notamment quand elles portent encore les inscriptions dorées du chapelier d'origine.

Le gibus : le chapeau pliable de l'opéra

Le gibus ou chapeau claque, le chapeau pliable inventé en 1837 pour les soirées à l'opéra, et sa boîte basse reconnaissable
Le gibus ou chapeau claque, le chapeau pliable inventé en 1837 pour les soirées à l'opéra, et sa boîte basse reconnaissable

Le gibus, du nom de son inventeur Antoine Gibus qui déposa son brevet en 1837 est un chapeau haut-de-forme à ressort qui se plie à plat d'une simple pression. Indispensable pour les soirées à l'opéra, sa boîte est plus basse et compacte que celle du haut-de-forme ordinaire — immédiatement reconnaissable et très recherchée des collectionneurs.

Les capelines et chapeaux féminins

Les boîtes pour capelines et chapeaux féminins — larges, basses, souvent recouvertes de papier fleuri
Les boîtes pour capelines et chapeaux féminins — larges, basses, souvent recouvertes de papier fleuri

Les chapeaux féminins du XIXe et début XXe — larges bords, plumes, voilettes, fleurs artificielles — imposent des boîtes larges et basses, parfois de très grand diamètre, souvent recouvertes de papier fleuri ou rayé. Ce sont ces boîtes qu'on retrouve le plus souvent en brocante — légères, joliment patinées, chargées d'un parfum de ruban et de poudre de riz.

Matériaux et fabrication : carton, cuir et métal

La boîte à chapeau se décline dans trois matériaux principaux. Le carton recouvert de papier imprimé est le plus fréquent — léger, souvent orné de motifs floraux ou des armoiries du chapelier. Le cuir est réservé aux modèles haut de gamme — souple, résistant, il prend avec le temps une patine incomparable. Le métal, plus rare, est utilisé pour des boîtes particulièrement robustes destinées aux longs voyages.

La boîte à chapeau vintage aujourd'hui : déco et détournements

Un objet décoratif à part entière

Sur une coiffeuse, une commode ou une étagère — la boîte à chapeau apporte une touche boudoir immédiate
Sur une coiffeuse, une commode ou une étagère — la boîte à chapeau apporte une touche boudoir immédiate

Posée sur une coiffeuse, une commode ou une étagère, la boîte à chapeau ancienne apporte immédiatement une touche de féminité et de nostalgie. Empilées par tailles décroissantes, deux ou trois boîtes créent un effet décoratif très photographié — parfait pour un intérieur campagne chic, romantic ou boudoir.

Rangement et boîte à trésors

Sa seconde vie la plus naturelle est le rangement doux : foulards, dentelles, rubans, bijoux anciens, lettres, photos de famille — tout ce qui est précieux et fragile trouve sa place dans une boîte à chapeau. Elle protège, elle cache, elle préserve. C'est souvent en ouvrant une boîte à chapeau qu'on découvre les plus belles surprises dans un grenier.

Urne de mariage, boîte à dragées

Urne pour les enveloppes, boîte à dragées — la boîte à chapeau vintage s'invite aussi aux mariages
Urne pour les enveloppes, boîte à dragées — la boîte à chapeau vintage s'invite aussi aux mariages

Pour les mariages et les fêtes, une belle boîte à chapeau ancienne fait une urne pour les enveloppes et les cartes bien plus élégante qu'une boîte en carton blanc. Les modèles plus petits peuvent accueillir des dragées ou des petits cadeaux pour les invités. L'effet champêtre-chic est garanti.

Conclusion

Une philosophie du soin et de l'élégance — la boîte à chapeau garde toujours quelque chose de précieux
Une philosophie du soin et de l'élégance — la boîte à chapeau garde toujours quelque chose de précieux

La boîte à chapeau a quelque chose de particulièrement touchant — cette idée qu'on a pris soin de protéger un objet fragile, de le ranger dans un écrin fait pour lui. C'est une philosophie du soin et de l'élégance qui dit beaucoup de son époque. Aujourd'hui chinée pour sa forme, sa patine ou son imprimé, elle continue de garder des choses précieuses — même si ce ne sont plus des chapeaux. Chez L'Atelier Imparfait, on en propose régulièrement dans notre sélection de valises et boîtes vintage.

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